Quand les banques françaises spéculent aussi sur la crise alimentaire

Quand les banques françaises spéculent aussi sur la crise alimentaire

Quelle est la banque française qui spécule le plus sur les produits alimentaires ? BNP Paribas arrive largement en tête du classement opéré par l’ONG Oxfam. La banque possède des fonds spéculatifs sur les matières premières d’une valeur de 1,4 milliard d’euros. Elle est suivie par Natixis (groupe Banque populaire/Caisse d’Epargne), la Société générale, et le Crédit agricole. Les grandes banques françaises possèdent au moins 18 fonds, et spéculent pour plus de 2,5 milliards d’euros sur les marchés de matières premières.

Classement des banques françaises qui spéculent le plus sur les matières premières (source : Oxfam)

Une financiarisation croissante des matières premières agricoles qui participe à l’insécurité alimentaire mondiale. « Ces banques proposent à leurs clients des outils financiers destinés à parier sur la faim », dénonce Clara Jamart, d’Oxfam France. Ce qui contribue à la flambée des prix alimentaires. Autre inquiétude : la majorité de ces fonds ont été créés en France après la crise alimentaire de 2008. « Au niveau mondial, la tendance est la même : le montant total de ces fonds représentait 90 milliards de dollars en 2011, contre moins de 10 milliards en 2004 », décrit Clara Jamart.

Les prix alimentaires pourraient plus que doubler

Les deux tiers du marché des matières premières agricoles est aujourd’hui détenu par les spéculateurs financiers. Une minorité de produits agricoles demeurent entre les mains des producteurs et commerçants. Le monde à l’envers ! Selon le rapport, moins de 3% des contrats à terme sur des matières premières aboutissent à la livraison d’une marchandise, les 97 % restants sont revendus par les spéculateurs avant leur date d’expiration. Avec pour conséquence une hausse des prix. De 2005 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 83%, et jusqu’à 181 % pour le blé. Selon Oxfam, les prix alimentaires pourraient plus que doubler d’ici à 2030, aggravant famines et mal-nutrition.

Alors que l’Assemblée nationale examine le projet de loi bancaire qui vise à réguler la finance, l’ONG demande au Parlement de voter l’interdiction de toute forme de spéculation sur les matières premières agricoles. Et enjoint les banques françaises à mettre un terme à leurs activités spéculatives, qui mettent en péril le droit à l’alimentation.

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