L'agroforesterie kezaco? Retour sur la 1ère rencontre du cycle Agriculture durable

L'agroforesterie kezaco? Retour sur la 1ère rencontre du cycle Agriculture durable

Samedi dernier, Odile Sarrazin nous a accueillis dans son potager agroforestier sous un beau soleil de printemps. Une trentaine de personnes ont pu (re)découvrir l’agroforesterie le temps de cet atelier découverte organisé par le CPIE Bassin de Thau dans le cadre du projet Paniers de Thau et ouvert à tous.

Nous avons commencé par une visite explicative du potager. En se promenant entre les rangs d'oliviers on pouvait apercevoir une multitude de plants au sol : fraisiers, artichauts, tomates, salades, fèves, de quoi remplir un joli panier ! Entourés d'arbres et de bande enherbés, tous ces légumes avaient l'air de se plaire à cette forêt aux airs méditerranéens.

               

Pas si étonnant, nous explique Odile, les arbres ont plusieurs propriétés bénéfiques aux cultures ou maraîchage inter-rangs. Ils jouent tout d’abord le rôle de thermorégulateur.

En effet pas besoin d’avoir fait des recherches approfondies ni de connaître la forêt comme sa poche pour voir que l’arbre donne de l’ombre aux plantations. Dans nos régions où le soleil peut être rude durant la période estivale, cet ombrage permet d’éviter une surchauffe de la plante et de limiter l'évapotranspiration (évacuation de l'eau par sudation de la plante). Les branchages feuillus de l’arbre vont également garder l’humidité en surface, vertu cruciale pour préserver nos ressources en eau si précieuses.

Et en hiver cette ombre ne couperait pas du soleil ? Et bien non puisque les oliviers perdent leurs feuilles à cette époque et ouvre le milieu aux rayonnements solaires. A cette époque de l’année ils préservent également une chaleur au sol qui freine le gel des plantes. Mais ce n’est pas tout !

D’autres propriétés de l'agroforesterie ont été trouvées récemment dans le cadre du projet national SMART, financé par le ministère de l’agriculture, dont le but est d’étudier les bienfaits des arbres au sein de productions maraîchères. Odile participe à ce projet par le biais du groupe Abratatouille (Amélioration des itinéraires techniques agroforestiers en production maraîchère) du bureau d’études Agroof. Après plusieurs années de recherche, ils ont découvert que les arbres pouvaient amener de l'eau et des minéraux puisés en profondeur jusqu’à la surface du sol grâce à leur système racinaire. Cela permettrait de créer un milieu propice à la croissance des légumes au sol.

                            

Après la visite place à la pratique, où Odile nous a montré comment créer son propre terreau soi-même. De la terre du jardin, du compost et même de la zostère (broyat de végétaux aquatiques trouvé en bord d'étang) pour créer un terreau fertile et adapté à votre terrain. Puis pour digérer tout ce savoir nous nous sommes retrouvés autour d'un goûter champêtre qui fut l'occasion de nombreuses échanges et rencontres !

              

Tel un labourage printanier, Odile a retourné nos idées reçues du potager : les adventices ne sont plus des « mauvaises herbes » mais des bio-indicateurs qui renseignent sur l’état du sol, les vers de terre sont nourris pour apporter au sol du compost riche en azote, les plants sont plantés serrés mais laissent de la place à chacun, etc. S'il y a bien une loi qui ne semble pas bouger c'est bien celle de Monsieur Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »...

Cet adage est d’ailleurs l'un des principes fondamentaux de la permaculture à découvrir dimanche 26 Avril au jardin de Frederic Loeb (Poussan) !

                                                                                                                                                             Camille

         

 

 

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